Les accidents du travail et l'assurance vieillesse
Jusqu'à la fin du XIXe siècle
La prévoyance individuelle domine mais s'avère insuffisante, et de plus en plus mal adaptée aux besoins de la société. En moins d'un siècle, l'assistance religieuse et familiale a fait place à un système obligatoire fondé sur la solidarité nationale, organisé en un réseau décentralisé. Dans le contexte de libre concurrence de l'époque, l'Etat intervient avec prudence en faveur de certaines catégories :
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en 1813, un décret interdit de faire descendre dans les mines les enfants de moins de 10 ans.
Cette même année, Napoléon 1er semble créer une ébauche de Sécurité sociale, la société de prévoyance pour les mineurs des Houillières de l'Ourte (région de Liège) financée par des cotisations obligatoires à la charge de l'Etat, de l'employeur et des ouvriers.
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en 1841, la loi fixe la durée maximale de travail à 12 heures pour les enfants de 12 à 16 ans, et à 8 heures pour ceux de 8 à 12 ans.
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en 1831 et 1853, des lois instaurent un système de pension pour les militaires et les fonctionnaires.
Il faut attendre 1893 pour que soit votée la première grande loi d'Assistance Sociale : l'Aide Médicale Gratuite (AMG). Par cette loi, chaque commune reconnaît alors prendre en charge les soins hospitaliers et à domicile de ses indigents. Apparaît pour la première fois le principe de remboursement aux hôpitaux des soins dispensés aux nécessiteux et le principe de centre de soins. Un début d'humanisation se fait également sentir avec une amélioration de l'hébergement et du comportement sanitaire.
Le rôle de l'Etat s'intensifie
A partir des années 1880, des systèmes de protection sociale se développent dans les pays industriels. Historiquement, c'est en Allemagne qu'entre 1883 et 1891, le chancelier Bismarck ouvre la voie par la mise en place d'un régime complet et obligatoire d'assurances.

En France, en 1898, la loi du 9 avril relative aux accidents du travail institue le principe de la responsabilité de l’employeur sur le risque professionnel. Les entreprises doivent souscrire des contrats d’assurance auprès de compagnies privées.
En 1910, la loi du 5 avril sur les Retraites Ouvrières et Paysannes (ROP) institue pour la première fois un régime obligatoire d’assurance vieillesse, basé sur le système de capitalisation individuelle et financé par des cotisations versées par les salariés et les employeurs. Dès le départ, ces mesures sont jugées très insuffisantes, les rentes versées étant trop faibles du fait de la modicité des cotisations et de l'érosion monétaire.
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Les Assurances sociales
Des avancées concrètes
Depuis 1890, les travailleurs de l’Alsace et de la Lorraine ont bénéficié du régime de protection sociale allemand. Au lendemain de la guerre, ces deux départements sont à nouveau rattachés à la France. En 1921, le chantier de la législation créant les Assurances sociales est donc lancé.
Un premier projet est présenté à la Chambre des députés le 22 mars 1921. De nombreuses demandes d’amendements viennent modifier le projet initial, notamment devant le Sénat (principalement en raison de l’opposition des médecins qui craignent la remise en cause du principe du libre choix et l’application généralisée du tiers payant).
Il faut attendre la loi du 30 avril 1930, modifiant une précédente loi du 5 avril 1928, pour voir, enfin mis en place, le régime obligatoire des Assurances sociales. Ce système intéresse également les salariés du Commerce et de l'Industrie et les professions agricoles. Il est financé par des cotisations ouvrières et patronales.
Les assurés peuvent choisir leur caisse d’affiliation (29 caisses en Gironde) : le journal "Le Peuple" les incite fortement à opter pour les Caisses "Le Travail". Ceux qui n’ont adhéré à aucun organisme sont rattachés automatiquement à la Caisse départementale.
Les Caisses Régionales des Assurances sociales sont chargées de la gestion du risque Invalidité. Ces attributions seront transférées ultérieurement aux Caisses Primaires de Sécurité sociale par le décret du 12 mai 1960, dont le texte consacrera, en outre, la fusion en un même organisme des Caisses régionales Invalidité et Vieillesse.
En 1940, des circulaires ministérielles mettent à la charge des Assurances Sociales les dépenses d'incapacité temporaire et permanente, résultant des accidents du travail subis par les salariés des entreprises mis à la disposition de l'Organisation TODT.
Cette organisation paramilitaire, du même nom que le général et ingénieur des Ponts et Chaussées allemand, l'un des premiers compagnons d'Hitler, est directement subordonnée au chancelier du 3ème Reich. Elle coordonne les entreprises travaillant pour le compte des occupants et réalise de grands travaux ; notamment le mur de l'Atlantique avec l'appoint forcé des travailleurs étrangers.
Par ailleurs, la bienfaisance est toujours d'actualité
En 1906, Daniel Iffla-Osiris lègue par testament à la ville de Bordeaux une somme de 2 millions de francs afin de créer "un asile de jour installé sur un bateau où seront reçus des ouvriers âgés et indigents des deux sexes, sans distinction de culte...".
Le "bateau-soupe" amarré quai de la Monnaie, fonctionne de 1913 à 1940. Des repas gratuits sont servis deux fois par jour à tous les nécessiteux, qui peuvent également bénéficier d'un service médical. Réquisitionné en 1940 par les troupes d'occupation et remorqué jusqu'à Pauillac, il sert de plate-forme de DCA et est coulé sur place en 1944. L'indemnité pour dommages de guerre versée à la ville de Bordeaux (2 700 000 F) est alors affectée à la reconstruction du Foyer Leydet.
La Sécurité sociale
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En 1943, le Conseil national de la résistance à Alger propose de mettre en place :
"un plan complet de Sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d'existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail…".
C'est la naissance de la Sécurité sociale.
Promulgué par les ordonnances d'octobre 1945, le régime général de Sécurité sociale garantit à toute population, sans distinction, une véritable protection sociale basée sur la solidarité.
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